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Le sexe glabre, c’était l’apanage des prostituées au XIXe siècle : elles étaient obligées pour des raisons d’hygiène de se raser le pubis. Certaines en avaient tellement honte qu’elles portaient des toisons postiches ! Moi, je n’en ai pas honte, au contraire. Je joue sur l’idée de dépravation attachée à l’épilation totale. C’est vrai qu’elle suggère et facilite certains types de caresses… C’est vrai qu’elle libère l’accès au sexe. On peut le voir mieux, lubrifié, doux au toucher, vulnérable.
Et l’absence de poil rend au corps une esthétique plastique, comme celle d’une statue vivante. J’aime cette image, parce qu’elle est ambiguë : sa nudité absolue appelle la caresse, la consommation immédiate, mais en même temps elle est intouchable. La statue se soustrait au monde animal. Elle correspond à une forme de sexualité cérébrale, au fantasme. Je demande aussi à mon copain de se raser. Pour qu’il ressemble à une sexe-machine, à un homme-robot…"
Dossier réalisé par Agnès Giard (lui écrire)
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