Le corset
Pour Gilles, photographe, Mirka porte le corset jusqu'au point de se sentir mal. Elle ne se délace qu'au moment où elle va tomber. "Pendant des années, j'ai refusé d'être une fille, raconte-t-elle. Je portais des uniformes androgynes et des chaussures militaires. Jusqu'au jour où j'ai rencontré Gilles Berquet, pour lui montrer mes dessins. Il m'a reçue chez lui et je n'en suis jamais repartie : c'était la caverne d'Ali Baba ! Il y avait des malles pleines de talons hauts, de porte-jarretelles, de guêpières, j'ai craqué !
Il m'a fait essayer une robe-fourreau qu'il avait cousue lui-même en copiant un dessin dans "Bizarre", la revue culte des fétichistes. ça gainait les jambes comme une momie et en plus, il y avait le corset... 45 centimètres de tour de taille ! J'ai tout de suite aimé cette sensation. C'est comme si j'avais enfin le droit d'être une femme. Je me suis sentie désirée..."
Quand elle ne pose pas en corset, Mirka fait des illustrations pour la presse, envahies de filles à la taille de guêpe, serrées dans d'invisibles carcans qui leur imposent un port de reine... Tout le plaisir de la contrainte est là, dans ces images de femmes sublimées.
"Devenir un fétiche, c'est entrer en possession d'un corps idéal", explique Gilles. Pour être belle, Mirka sacrifie donc un peu son corps réel... au profit d'un corps factice (étymologiquement, fétiche signifie "factice"), modelé par le fantasme.
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