Jules m'a initiée au poly-amor
Aux Etats-Unis, on ne dit pas “j'ai plusieurs partenaires", on dit "je pratique le poly-amor" : c'est le contraire de la monogamie mais ça n'a rien à voir avec l'adultère. On peut maintenant avoir trois, quatre ou cinq amours, sans en trahir aucun. Car les “ciel ! mon mari”, c’est fini. Et les amants dans le placard, ringard.
Plus question de mentir désormais ne serait-ce qu’à cause du sida. Si vous avez très envie de Jean-Luc, tout en ayant un petit copain (Pierre), très simple. Dites-lui : "Pierre chéri, en amour, je suis poly-fidèle mais responsable ! La monogamie, je la préfère "body-fluid" et si tu veux bien, ce soir, on va faire une triade avec Jean-Luc. Tu es d'accord ?" Evidemment qu’il est d’accord. C’est votre “Number One”. S’il ne l’est pas, vous passerez la soirée en tête à tête avec “Number Two” (le charmant Jean-Pierre), éventuellement accompagné de “Number Three” (l’adorable Vincent).
L’amour, c’est devenu simple comme un coup de modem. Une gestion bien ordonnée de son agenda sexuel. En quelques e-mails, le carnet de rendez-vous se remplit : lundi, Patrick ; mardi, Alexandre ; mercredi, Francis. Et dimanche, jour du seigneur, nous mangerons d’autres cœurs.
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