Un fiancé à 4 ans
Nathan, 5 ans, se pâme devant une chipie blondinette, la regarde avec des yeux de colin surgelé et s'apprête à lui offrir son Pikachu préféré. Normal, même très jeunes, parfois dès 3 ans, les enfants tombent amoureux. Et selon les psychologues, c'est plutôt bon signe : l'enfant comprend qu'il ne se mariera pas avec son père, ni sa mère, et qu'il peut faire des rencontres en dehors du cercle familial. Ce dont il se prive rarement... Du haut de ses 20 ans, Amandine se souvient fort bien de ses premières amours : "A 4 ans, j'avais un fiancé. On se tenait par la main et il m'avait offert une bague achetée dans un distributeur. Plus tard, en primaire, j'ai rencontré des jumeaux à qui je distribuais des bécots alternativement. Et en sixième, j'étais amoureuse d'un "grand" totalement inaccessible..."
Une évolution tout à fait classique selon le psychosociologue Francesco Alberoni, auteur de "Premier Amour" (éd. Plon) : "Les premiers émois adviennent souvent à des phases clefs : à l'entrée en maternelle, puis en primaire, vers 6 ans, ou lors du passage au collège et au lycée. A travers leur compagnon, les enfants cherchent un sésame et un appui pour affronter leur nouvel univers." Faut-il déduire que tout roule et tout roucoule dans le vert paradis des amours enfantines ? Que nenni.
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